Lait de noix maison

Lait de noix (16)Êtes-vous déjà « convertis » aux laits végétaux? Que ce soit du lait de soya, d’amande ou de riz, l’offre se diversifie de plus en plus et on retrouve facilement ces laits dans les commerces. Les boutiques plus spécialisées offrent généralement d’autres sortes, comme les laits de quinoa, de chanvre, de noix de cajou, etc. Parce que OUI, toutes les noix, les graines et les céréales peuvent servir à faire du lait.

C’est sans compter que ces laits peuvent être aromatisés (vanille, chocolat, chai…). Ainsi, loin du lait de vache dont les seules variations sont la quantité de gras et les saveurs de chocolat et de fraise, il existe un monde merveilleux [ajoutez du scintillant ici] d’une grande variété. Toutefois, les laits du commerce contiennent souvent des ingrédients dont on pourrait se passer : carraghénane, sucre, huiles, gommes de toutes sortes… La marque que je privilégie (et non ce n’est pas une commandite) est Natura, parce que tous leurs laits sont sans carraghénane (un allergène qui peut causer des troubles intestinaux) et parce que l’entreprise est située à St-Hyacinthe.

Lait de noix (2)Une autre option est de faire ses propres laits. Si, si! C’est super simple, et le goût est encore meilleur. En plus, vous avez le contrôle sur les ingrédients que vous mettez dans votre lait. Normalement, vous ne mettrez pas grand chose de plus que vos noix (graines, céréales) et de l’eau, parfois un sucrant (sirop d’érable, datte) si vous le désirez, du cacao, de la vanille, des épices… L’un des avantages de faire son propre lait, si vous le consommez tout de suite, est que tous les nutriments sont encore bien présents, ce qui n’est pas le cas dans les laits végétaux du commerce. Toutefois, ces derniers sont enrichis, ce qui peut aussi être un avantage pour les végétariens et végétaliens : c’est une source « facile » de calcium, de vitamine B12, etc.

Je vous renvoie à cette charte (en anglais) que j’adore et qui indique les quantités et la procédure pour faire des laits à toute sorte de choses. Pour ouvrir le monde de possibilité qui se tient devant vous, voici un aperçu des sortes de lait que vous pouvez faire :

Noix : amandes, noix de Grenoble, noix du Brésil, noix de Macadam, noisettes, pacanes, noix de pin, noix de cajou, pistaches, etc.
Graines : de tournesol, de chanvre, de sésame, de pavot, de citrouille, etc.
Céréales : avoine, millet, sarrasin, riz, quinoa, etc.
Autres : noix de coco
Ajouts : vanille, cacao, cannelle, cardamome, zeste d’orange, eau de rose, lavande, baies, cayenne, curcuma, menthe, etc.

Lait de noix (5)En plus, pour la plupart de ces sortes, vous pouvez choisir entre deux goûts distincts : nature ou grillé. En effet, avant de faire son lait, il est conseillé de faire tremper ses noix ou graines pour libérer les inhibiteurs d’enzyme (c’est-à-dire ce qui empêche à vos graines de germer das votre garde-manger, mais qui nuit aussi à l’absorption des nutriments par votre corps) et pour faciliter la tâche à votre mélangeur. Vous pouvez aussi choisir de les faire griller, ce qui libère aussi une partie des inhibiteurs, mais dont le principal intérêt est le goût que vous allez chercher. Pour les précisions sur la durée de trempage et tout, je vous renvoie à la charte – mais la plupart du temps, faire tremper pendant la nuit est une bonne option. Pensez à bien rincer vos noix ou graines après le trempage ; ne réutilisez pas l’eau de trempage (tous les inhibiteurs d’enzyme s’y trouvent). Les céréales n’ont pour la plupart pas besoin d’être trempées, mais vous pouvez les griller.

Maintenant, imaginez… Vous pouvez choisir de vous faire un lait aux noisettes grillées et chocolat (allô, nutella!), graines de tournesol et orange, sésame grillé et cardamome, avoine et cannelle…

Un détour obligé
Mais avant de vous indiquer la marche à suivre : pourquoi consommer des laits végétaux? Non seulement la variété de ces laits permet d’aller chercher divers nutriments, et leur saveur vaut le coup à elle seule, mais il existe aussi des raisons éthiques, environnementales et de santé à ce choix. C’est un vaste sujet, sur lequel je pourrais m’étirer, mais voyons rapidement le principal. Hormis les intolérances au lactose, l’impact catastrophique de l’élevage sur le réchauffement climatique (à l’échelle mondiale c’est le principal contributeur, devant tous les moyens de transport réunis) et les quantités astronomiques d’eau et de nourriture qui ne servent qu’au bétail, il faut savoir que l’industrie laitière repose sur un fait tout simple : la vache doit avoir un veau pour donner du lait. Les vaches laitières sont donc inséminées artificiellement à répétition, afin qu’elles donnent toujours du lait. En plus d’avoir une durée de vie réduite de beaucoup, elles sont séparées le plus tôt possible d’avec leurs veaux, qui sont eux aussi tués très jeunes. La viande de veau est en quelque sorte un sous-produit de l’industrie laitière.Emergo Farms - Veaux 2

Je sais que ce n’est pas un sujet très « sexy », mais il me semble que n’importe quelle personne qui mange devrait s’informer un minimum, par exemple en lisant le livre Eating Animals (Faut-il manger les animaux? en français) de Jonathan Safran Foer – livre très documenté, mais centré sur l’industrie américaine (mais vérifiez d’où viennent les produits que vous consommez) – ou en regardant les documentaires québécois La face cachée de la viande et Bacon, le film.
De plus (et je vous rassure, je ne suis pas en train de dire que c’est un complot), l’omniprésence de l’industrie laitière québécoise m’effraie un peu. Portez attention au nombre d’émissions de télé commanditées par Le Lait, aux publicités du Beurre, à tous les blogues commandités par les Fromages d’ici. Ce marketing agressif me repousse, personnellement.

CECI DIT, je vous lâche les baskets : COMMENT fait-on tous ces fabuleux laits végétaux? Voici un exemple avec des noix de Grenoble.

Lait de noix (10)Lait de noix maison

1 tasse de noix de Grenoble
4 tasses d’eau filtrée (ou de source)

Instructions (ou paragraphe qui semble bien trop long pour la simplicité de la procédure)
Pour ce lait, j’ai choisi de faire griller mes noix quelques minutes à la poêle, jusqu’à ce qu’elles deviennent odorantes. Vous pourriez aussi les faire griller au four, ou les faire tremper toute la nuit. Ensuite, il faut les broyer au robot culinaire ou au mélangeur, avec une toute petite partie de l’eau. Une fois que les noix sont bien défaites, ajoutez le reste de l’eau et mélangez un peu.
Lait de noix (9)La prochaine étape est le filtrage. L’instrument qui va le mieux est un sac à lait de noix (j’ai acheté le mien 6$ au CRAC, sur la rue St-Jean, mais on peut aussi facilement en trouver en ligne, par exemple ici). Vous pourriez aussi utilisez un coton à fromage assez épais, ou un linge en coton bien propre. Il suffit de verser votre lait dans votre tissu, au-dessus d’un grand bol, puis de presser la pulpe pour extraire le maximum de lait. Si vous n’avez pas un sac, je vous conseille d’y aller en plusieurs fois. La technique qui marche le mieux est le tordage : tordez tranquillement votre tissu à partir du haut, jusqu’à la pulpe. (Évitez de faire comme moi et de porter des manches longues.)
Les ingrédients supplémentaires facultatifs se rajoutent après le filtrage pour la plupart. Toutefois, les dattes, les zestes et les herbes doivent être broyées avec les noix.
Conservez au réfrigérateur pendant maximum 5 jours. Certains laits tendent à se séparer, mais il suffit de bien les agiter avant de les boire.

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La pulpe de noix peut être réutilisée dans de nombreuses recettes. La même charte dont je vous parlais suggère quelques recettes. Vous pouvez aussi utiliser la pulpe dans des biscuits, des gâteaux, pour faire une panure, etc.

Bonnes découvertes dans vos expérimentations!Lait de noix (14)

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